LECON INAUGURALE DU CELAF INSTITUTAnnée académique 2020-2021

Le vendredi 18 septembre 2020, le CELAF Institut a organisé sa traditionnelle leçon inaugurale. Elle a été animée par Dr. Valère JOFACK SOKENG. Il est expert en e-learning et chef du service numérique à l’Université Virtuelle de Côte d’Ivoire (UVCI). C’est à travers le thème « la pédagogie numérique dans l’enseignement supérieur : défis et enjeux » qu’il nous a permis de faire un tour d’horizon de l’Enseignement Supérieur (ES) de la Côte d’Ivoire. Nous notons que ce thème d’actualité jouit d’une récurrence considérable dans le milieu éducatif cette dernière décennie. Etant en syntonie avec le contexte socio-éducatif actuel du monde, il a eu le mérite de susciter l’intérêt de tous les acteurs de la grande famille célafienne en l’occurrence les étudiants, les enseignants et les préposés aux tâches administratives de l’Institution.

En effet, avant d’entrer dans le vif de la présente élaboration, il est de notre ressort de notifier que ce document fait office de compte-rendu des moments clés de la présentation de Dr. Valère JOFACK SOKENG. A cet effet, à titre indicatif, nous mentionnons que sa causerie s’articulait autour des points suivants : l’état des lieux de l’Enseignement Supérieur (ES) en Côte d’Ivoire, la présentation de la Formation Ouverte et à Distance dite FOAD et les éléments clés à prendre en compte dans la mise en place de ce type de formation.

L’état des lieux de l’Enseignement Supérieur (ES) en Côte d’Ivoire

Pour effectuer cet état des lieux, Dr. Valère JOFACK SOKENG a eu recours à des données statistiques. Selon ces dernières, l’Enseignement Supérieur de la Côte d’Ivoire compte 403 établissements (universités et grandes écoles), 16 378 enseignants, 253 955 étudiants pour 26 millions d’habitants. Ces données chiffrées montrent que seulement 0.97 % de la population ivoirienne a accès à l’Enseignement Supérieur. Cela donne lieu, depuis 2012, à un accueil annuel de plus de 11 500 bacheliers au niveau national (DECO, 2020).

De surcroît, il s’avère sine qua non de signaler que cet état des lieux met au clair une certaine défaillance de l’Enseignement Supérieur en Côte d’Ivoire. En clair, ce dernier fait face à un certain nombre de difficultés dont les plus en vue sont le faible taux d’accès à l’Enseignement Supérieur, le sureffectif des amphis, le manque criant d’enseignants (1 enseignant pour 22 étudiants), la formation de mauvaise qualité, le faible taux d’employabilité des diplômés, les grèves intempestives, les années chevauchantes, l’inaccessibilité de la formation pour certaines couches sociales telles que les pauvres, les handicapés, les travailleurs…

Par voie de conséquence, cet état des lieux de l’Enseignement Supérieur nous a amené à faire une présentation dite globalisante du FOAD. Ainsi, il a eu le génie de faire le pendant entre les dimensions présentielle et distancielles du FOAD.

Les Formations Ouvertes et à Distance (FOAD) : caractéristiques et modalités

Selon ses dires, l’Enseignement Supérieur en Côte d’Ivoire est un système de formation calqué beaucoup plus sur le présentiel. Ce système est caractérisé, entre autres, par le face à face, les méthodes « expositives » (CM/TD/TP), les contraintes géographiques et de temps, la baisse de motivation considérable des apprenants, un rythme d’apprentissage imposé et inadapté et une qualité d’offre de formation non adaptée au public. Par ailleurs, à bien comprendre son affirmation, nous retenons que c’est la COVID-19 qui a fait poser véritablement la question de la formation  à distance en Côte d’Ivoire. Dans cette optique, il voit la COVID comme le catalyseur de la formation à distance au sein du pays. Pourtant, poursuit-il, le FOAD existait déjà dans le pays. Mais, il était méprisé par plus d’un.

En effet, qu’est-ce que le FOAD ? – Selon l’Association Française de Normalisation (AFNOR), les Formations Ouvertes et à Distance (FOAD) est « un système de formation conçu pour permettre à des individus de se former sans se déplacer sur le lieu de formation et sans la présence physique d’un formateur ». Les modalités de formation mises en exergue généralement dans ce système sont les cours par correspondances, le e-learning, les téléenseignements. Le FOAD présente également deux grandes caractéristiques. D’une part, elle est ouverte. Et, d’autre part, elle se réalise à distance. L’ouverture s’explique du fait que les ressources de formation sont accessibles à tous et à tout moment. Elle montre également que le  rythme d’apprentissage est non imposé. La Distance, quant à elle, s’explique du fait il n’existe plus de barrière géographique avec le FOAD.  Les publics à disponibilité réduite et différente ne sont pas mis à l’écart. Mais, pour aller vers la formation ouverte à distance, il y a des éléments clés à prendre en compte. Que sont-ils ?

Pour aller vers la formation ouverte à distance

Pour aller vers la formation ouverte à distance, Dr. Valère JOFACK SOKENG a affirmé que toute institution intéressée doit faire cas de toutes les composantes du distanciel telles que des cibles d’apprentissage (public cible, connaissances, compétences, maquette et programme de formation), une approche pédagogique (stratégies pédagogiques, d’apprentissage, d’évaluation et d’encadrement des étudiants), le matériel didactique (document texte et présentations, vidéo, audio, illustration, animations, jeux éducatifs, exerciseurs, stimulateurs) et une infrastructure logistique (plateformes de diffusions, ressources humaines formées, matériel informatique de qualité, serveurs, studio d’enregistrement). Dans cette optique, toute institution qui veut entreprendre la formation ouverte à distance doit compter dans ses rangs un techno-pédagogue.

Somme toute, une effective mise en place de la formation ouverte à distance nécessite la considération de certains éléments clés tels que la définition des objectifs pédagogiques, la définition des choix techniques, l’analyse économique du projet de formation, l’implication et la préparation des enseignants, des partenariats pour profiter des expériences déjà menées dans d’autres entreprises et la programmation d’une phase de test et d’évaluation de l’expérience.

F. Junior POLYNISTE

F. Joseph-Marie SERME

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