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Mai 25

Messe de requiem pour Madame HOUNMAMON Alice

Ce Vendredi 25 Mai 2018, en accord avec la famille de Mme HOUNMAMON Alice décédée le Jeudi 11 Mai pendant que le CELAF Institut fêtait son jubilé d’argent. Il a été  organisée une messe de requiem en l’honneur de la défunte. Elle a eu lieu de 10h à 12h à la salle polyvalente avec une forte mobilisation d’amis, parent, anciens et nouveaux étudiants, anciens et nouveaux membres de l’administration et le personnel. Après la messe, le frère Valère ADONSOU est intervenu en vantant ses qualités de collaboratrice , d’amie, de collègue et surtout de mère tout en mettant un point d’honneur sur la relation qui la liait à sa fille cadette HOUNMAMON Laura. Madame Alice était une pour tous les étudiants du CELAF et ce depuis 23 ans. C’est un CELAF triste qui lui dit au-revoir sans se défaire de son idéal d’amour qu’elle a su insuffler à tous ceux qui se sont frottés à elle! Adieu Maman ! Adieu Tantie Alice !

Voici pour vous l’intégralité de l’intervention pleine d’émotion du Directeur Général du CELAF Institut:

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Chers Sœurs et Frères en Christ et en humanité

Nous faisons depuis le 11 mai, l’expérience forte d’une rupture. Rupture physique, charnelle, avec une personne : Tata, maman Georgette Alice. Elle avait une présence significative, réconfortante, consolante ; elle a été une actrice créatrice d’événements ; elle portait des paroles vitalisantes dans la vie de nos vies. Vie d’époux, vie d’enfants, vie de sœur et frères, vie de filleul, vie d’enfants d’adoption, vie de connaissances, vie d’ami et de confident, vie de collègues et de collaborateurs.

Vie en ces jours habitées par un trouble émotionnel, des émotions douloureuses. Un état de stupeur dans lequel nos pensées s’entrechoquent et peinent à trouver cohérence et significations rassurantes. Vie marquée par des sentiments de perte, d’abandon, voire de culpabilité. Nos liens avec elle, notre attachement à elle, sont-ils définitivement rompus ?

En me posant cette question, je revois le film de ma dernière rencontre avec Alice. C’était le vendredi 04 mai, dans sa chambre. Une semaine avant son voyage au lieu où elle est guérie de tous ses maux. Allongée dans son fauteuil, la seule position pour réduire les affres de la douleur, elle me fit part entre autres, de sa difficulté, son incapacité à se déplacer. Et quelques minutes plus tard, Papa Dieudonné me parlera de sa dépendance totale. Que de disponibilité, de présence et de dévouement de la famille en cette période ! De notre conversation, il m’est resté une image forte, malgré son état extrêmement fragile du moment, malgré une parole indue et dévastatrice, entendue quelques jours auparavant sur sa santé : une image de paix intérieure, de confiance inébranlable en Dieu. Nulle animosité, nulle colère, nulle rancœur.

Depuis que l’inattendu a fait son irruption, après avoir traversé ma désolation et ma culpabilité de n’avoir pas prié avec elle ce 04 mai, comme bien des fois dans mon bureau suite à ses partages, j’ai commencé à chercher à restaurer la proximité avec elle. Non, la rupture du contact visuel n’est, en aucun cas, celle de nos liens. Car « quand un mal nous atteint, on peut en venir à bout soit en en supprimant la cause, soit en modifiant l’impression qu’il fait sur notre sensibilité » (Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain).

Ne pouvant rien contre la mort, un chemin s’ouvre toutefois pour nous. Alice a laissé des merveilles. Ces merveilles ne peuvent être saisies, contemplées que si nous nous convertissions en émerveillés. Devenir émerveillés, traverser l’opacité des faits, des objets et des paroles pour voir les merveilles d’Alice. Depuis le 11 mai, j’ai laissé Alice me parler, me révéler quelques secrets de ses liens désormais avec nous et particulièrement avec sa famille.

Je l’entends dire : vous mes amis du CELAF et d’ailleurs, vous membres de ma grande famille biologique et par alliance, vous, mes chers, Laura, Philippes, Jean-Baptiste, Dieudonné, vous n’avez pas à « refaire » votre vie sans moi. Vous avez à la poursuivre différemment sans moi mais avec moi. Vous êtes désormais mes héritiers. Puisez dans cet héritage pour maintenir allumée la flamme de ma douce présence auprès de vous. Mon héritage sera pour vous un sacrement de la vie. Un sacrement de la vie, c’est un objet, ou un événement, qui vous fait entrer dans une profonde communion avec des êtres chers vivants, ou qui ont rejoint le Père. En y contemplant chaque élément, vous y découvrirez les sources vivifiantes de ma vie, la lampe de ma route, ma sollicitude permanente pour vous.

Voyez-vous, notre famille est habitée par un Saint éducateur : Saint Jean-Baptiste de La Salle. Dieu nous a fait la grâce de bénéficier de l’esprit qui a animé sa vie. Et cela, à travers deux membres de la famille. Laura est née le 30 avril comme Jean-Baptiste de La Salle et Jean-Baptiste, le 07 avril, jour de la naissance au Ciel de Monsieur de La Salle. J’ai foi qu’Alice, au regard de ce que vous avez vécu avec elle dans la famille, entend actuellement les paroles suivantes de Saint Jean-Baptiste de La Salle : « Considérez donc que votre récompense sera d’autant plus grande dans le ciel, que vous aurez fait plus de fruit dans les âmes des enfants qui auront été confiées à vos soins ». (Méditation 208). Et j’ajouterai, les âmes de toutes les personnes pour qui vous avez été témoin de l’humanisme.

Notre famille est également sous la protection de Jésus Miséricordieux. Jésus dont j’ai contemplé le don total de sa personne, l’expression de son amour jusqu’à la mort sur la croix. Et avec sainte Rita, soyez convaincus que rien n’est impossible à Dieu. Non pas qu’il fasse nécessairement des choses extraordinaires pour vous, mais en étant convaincus qu’il est toujours présent au cœur de vos vies, à temps et à contre-temps.

Alice l’a sans aucun doute expérimenté du fait d’avoir retenu ce verset comme une icône de sa relation avec Dieu : « Je crois mon Dieu, mais aide-moi car je manque de foi » (Marc 9, 24). Une foi doublée de la reconnaissance de ses limites dans la réalisation de la volonté de Dieu. La Bible ouverte sur la page du psaume 50, illustre cet état d’âme.

Alice, dans la texture de son expérience de mère, a appris du rôle de la mère des mères qu’est la Très Sainte Vierge Marie. Elle nous la recommande comme un modèle de tendresse, de bienveillance et d’oubli de soi pour et dans le service des autres.

Oui, nos liens avec Alice ne sont pas rompus. Chaque fois que nous entrerons dans l’univers de ces différentes icônes de sa vie, elle sera au rendez-vous. Un rendez-vous de paix et de joie. (L’image de la dame souriante)

Des liens avec chacun de nous, avec son époux et ses enfants mais de manière toute particulière avec Laura. Laura, laisse-moi te dire, ce que j’ai découvert de ce que maman veut vivre maintenant avec toi et toi avec elle. Tu l’aimais et elle t’aimait. Elle restera ta complice dans le secret. Comme tu le lui avais écrit : « Amour – Complicité, avec un grand cœur au milieu, Alice et Laura ». Auprès de Dieu, elle trouvera encore plus de moyens pour t’accompagner, pour marcher avec toi, pour rester avec toi. Elle continuera à te dire, comme quand tu venais au bureau et elle te laissait ce message, en ses moments d’absence de quelques minutes du bureau :

« Laura chérie, avec le dessin d’un cœur à la suite, ne bouge pas, je viens. Maman Alice ».

Les témoignages des uns et des autres, ce que la famille HOUNMAMON a vécu avec Alice, nous apprennent de l’existence, est que « la vie est un don ; nous avons reçu la vie pour donner la vie.  Et ce don exige une espérance qui va au-delà de ce monde et traverse son obscurité. Cette obscurité n’est pas qu’une privation de lumière, mais la possibilité de participer à l’œuvre de la lumière. [Dieu] ne veut pas seulement nous offrir un chemin, il veut aussi que nous ouvrions un chemin dans l’impasse. Il ne veut pas seulement que nous soyons éclairés ; il veut aussi que nous soyons éclaireurs. Il ne veut pas seulement nous donner la vie ; il veut aussi que nous la donnions là où ne semble régner que la mort. » (Fabrice HADJADJ, Puisque tout est en voie de destruction)

« Cette obscurité qui nous pousse à laisser jaillir la lumière du fond de nous-mêmes, pour être non pas seulement éclairés, mais aussi éclaireurs », nous renvoie à l’exemple du Christ, comme proclamé dans le Cantique de Zacharie : « l’astre d’en haut pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort »

Seigneur, accorde-lui le repos éternel

Et que brille pour elle la lumière sans déclin ». 

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